Introduction

 

 

Finalités des fiches

Les fiches  que nous présentons dans le présent ouvrage ont pour finalité de décrire et d’expliciter des séquences correspondant aux objectifs de langage oral et écrit fixés par les programmes du 12 /4/2007 et aux compétences du socle commun à mettre en œuvre à l’école maternelle.

 

Organisation de l’ouvrage

Leur organisation en trois parties :

-Du langage dans l’action et la communication

-Langage évoquant des évènements en leur absence

-L’initiation au langage écrit,

est empruntée aux axes organisateurs du texte du « socle commun » et aux classement des compétences exigibles en fin de maternelle.

 

Ces axes nous semblent devoir éclairer et structurer l’ « enseignement [1]»du langage oral puis  écrit , et nous offrir un schéma « virtuel[2] » de progression :

 

- du langage de l’action acquis en « situation »de communication et d’action, « directement articulés avec l’action ou l’évènement en cours »[3], en présence des objets, des locuteurs concernés.

Dans ces situations, de dialogue essentiellement, ou de récit/description d’actions en train de se faire, s’acquièrent les scénarios[4] d’échanges entre locuteurs, leur syntaxe, et le lexique du monde quotidien.

(1ère partie de l’ouvrage)

 

-au langage qui prend peu à peu de la distance par rapport « à ce qu’il est en train de vivre »[5], langage d’évocation des évènements en leur absence.

(2ème partie de l’ouvrage)

 

-et enfin, de l’oral à l’entrée dans la culture de l’écrit et aux premières pratiques d’écriture

(3ème partie de l’ouvrage)

si cette partie se trouve consacrée à cette initiation à l’écrit et à l’écriture, il est évident que la familiarisation avec les écrits commence bien avant, dès les débuts de l’école, en particulier lors des activités d’ « oral »,  dans de multiples pratiques de lecture et d’écriture devant et avec les enfants, que notre ouvrage tentera de  signaler systématiquement .

 

 

Le choix des activités

Dans ce choix , nous ne prétendons pas à l’originalité , notre objectif étant plutôt d’expliciter le fonctionnement d’ activités  quelquefois courantes et de souligner leur impact sur l’acquisition du langage en termes d’objectifs et de compétences, suivant les niveaux d’âges de la maternelle ..

Certaines activités sont préconisées dans les documents d’accompagnement des programmes, et d’autres traditionnellement  ancrées dans la culture des enseignants de maternelle .

Nous ne prétendons pas non plus à l’exhaustivité. Ce sont nos goûts pour certaines pratiques qui ont présidé au choix dde certaines activités parmi tant d’autres possibles, ainsi que  les suggestions de nos collègues de terrain qui ont inspiré certaines de nos fiches .

Qu’ils soient très amicalement remerciés pour cette précieuse contribution qui a inspiré parfois et toujours rassuré notre démarche.

 

Des dominantes des différentes parties

Du fait de ces  choix, chaque partie présente une dominante résultant de ses objectifs et de nos convictions pédagogiques et personnelles.

La première partie tâche de d’abord dégager l’intérêt de la vie quotidienne « aux travaux faciles » et simples  pour l’enseignement du langage. Elle met aussi l’accent sur un aspect de la vie scolaire qui nous semble moins exploitée : les jeux de simulation pratiqués par les petits, qui mettent en œuvre structures, lexique, scénarios[6] de vie réelle  sur le mode du faire semblant. Il nous a semblé intéressant pour l’enseignant de « récupérer » ces jeux, vecteurs fondamentaux de l’apprentissage du langage.[7]

 

Dans la deuxième partie, c’est la dominante « récit » qui fédère les activités proposées, parce qu’ il apparaît central  à nos yeux pour la structuration de la pensée et du langage d’évocation, en même temps qu’il est une des sources de nos références culturelles.

 

Autour du récit  s’organise un réseau , les images d’abord, supports d’éducation de la fonction symbolique et de le vie culturelle : celle des albums, celles des photos, celles des films d’animation ou des films, celles des peintres…

Ensuite les projets, éducatifs aussi du langage distancié du présent, puisqu’ils évoquent une action à venir : ces projets vont de la simple lecture(ou du simple récit) d’une histoire (puisque lire ou raconter une histoire est toujours en soi un projet) aux projets plus complexes et pluridisciplinaires, réalisations en arts plastiques, production de jeux  dramatiques, réflexion « philosophique »…à partir de récits.

 

 

La troisième partie a pour objectif central d’initier , d’encadrer , de structurer les premières tentatives des enfants pour écrire, tant nous avons constaté que le plaisir de créer des traces écrites est précoce chez la plupart des enfants que nous a fait rencontrer l’école maternelle, riche de motivation et porteur d’apprentissage, et tant nous souhaiterions le voir se renforcer et non s’étioler au fil des années .

Des activités spontanées de jeux d’écriturela leçon d’écriture ensuite, qui enseigne à tracer, à nommer les lettres et à prendre graduellement conscience de leur valeur phonographique, à des activités plus nettement orthographiques enfin, qui s’attachent à écrire des mots puis de courts messages écrits signifiants, les activités d’écriture permettent d’entrer dans le monde de l’écrit, et de comprendre le codage alphabétique et le fonctionnement de la mise en texte sur une page .

D’autre part, cette partie présente des activités plus orientées vers la production d’écrits. Avant  de savoir écrire, grâce à la dictée à l’adulte, et même en recopiant de façon parcellaire de courts fragments de textes produits et dictées à l’adulte, les élèves sont ainsi placés en situation de produire  des objets écrits et d’accéder à de modestes bonheurs d’auteurs.

 

 

Economie et fonctionnement  des fiches

Nous explicitons pour chaque fiche les objectifs et compétences[8] de l’activité, son  ancrage par rapport à une situation sociale de référence, un dispositif et déroulement ou des dispositifs et des déroulements, quand nous avons pu présenter des variantes de réalisation, des remarques si nécessaire.

En ce qui concerne les activités portant sur des albums nous avons en préalable proposé une analyse a priori des qualités littéraires et esthétiques qui ont déterminé notre choix

Pour chaque activité nous avons tenté d’analyser avec précision en fonction des compétences travaillées des indicateurs d’évaluation, dont nous préconisons une observation dans le vif de l’action , le résultat de ces observations pouvant (ou devant) être ensuite formalisé sur un tableau récapitulatif de compétences .

Enfin nous avons fait précéder chaque fiche d’une explicitation de ce qui en est pour nous l’enjeu, c’est à dire l’intention pédagogique ou éducative essentielle à nos yeux.

 

 

Nous espérons grâce à ces propositions partager avec nos collègues enseignants un certain nombre de convictions pédagogiques, et peut être aider modestement les jeunes enseignants en maternelle, qui furent jadis nos stagiaires, à mettre en œuvre quelques activités quotidiennes.  

 

 

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[1] Il s’agit bien ici « d’enseignement » , c’est-a-dire des principes d’action pédagogique de l’enseignant, (objectifs, programmation, situations)pour conduire les apprentissages des enfants .

[2] « Virtuel », car ce schéma, s’il structure la prévision de l’enseignant et est donc indispensable à poser comme hypothèse de travail, ne saurait déterminer à coup sûr des stades d’apprentissage.

[3] Programmes de l’école maternelle- Ecole maternelle - B.O.n°5- 12/5/2008, page 19

[4] Pour cette notion de scénario, voir par exemple J.Bruner : « Comment les enfants apprennent à parler » RETZ 1987 p.111

[5] Ibidem, programmes de l’école…

[6] J. Bruner,ibidem , opus cité

[7] Voir à ce sujet dans la conclusion de Frédéric François dans « conduites linguistiques chez le jeune enfant » PUF p.215, nous invitant à ne pas surévaluer certaines conduites de texte au détriment «  de la discussion ou aux usages ludiques et poétiques »du langage. 

[8] Pour la définition de ces deux termes nous nous référons aux définitions suivantes:

Objectif :but de l’activité fixé par le l’enseignant(e)

Compétence : capacité mise en jeu décrite par les programmes, et selon PH. Mérieux : « savoir identifié mettant en jeu une ou des capacités dans un champ notionnel ou disciplinaire déterminé »

« Apprendre, oui mais comment ? »ESF