I Fiche ressource : L’accueil  du matin

Intérêts et principes pour organiser  « l’accueil » du matin :

Il s’agit d’organiser un accueil dans la classe, après l’accueil collectif dans la cour ou la salle polyvalente.

Cet accueil en classe, sorte de sas entre la maison et l’école,est particulièrement important pour les petits, et reste d’ailleurs riche d’intérêts tout au long de la maternelle.

Les parents peuvent y être admis, y conduire leur enfant par la main, et s’effacer ensuite une fois celui-ci installé dans une activité familière et qui sert en quelque sorte de «  passage »…

 

De façon habituelle, il comporte deux moments :

-des activités  en atelier installées à l’avance et dans lesquelles les petits s’installent au fur et à mesure de leur arrivée.

-un regroupement, quand tout le monde est arrivé, qui se caractérise souvent par des activités récurrentes, rituelles, destinées à installer un état d’esprit propre à ce groupe parce qu’on se trouve rassemblés et qu’on y fait des choses habituelles.

 

 

Les ateliers :

·         Les objectifs  des ateliers:

Sont donc d’abord de l’ordre de l’affectif et la socialisation. Aider à la séparation de l’enfant, aider à son adaptation à un milieu relativement étranger, surtout en début d’année.

 

Mais il est certain que l’objectif langage sans être primordial y est fondamental ; nul lieu ou moment ne convient mieux que l’accueil au « langage dans l’action » : il accompagne quasi naturellement les actions vécues de manière individuelle, il dit ce qu’on fait, ce qu’on peut faire, comment on le fait, il console de la séparation, il parle du retour de la mère ou de la famille.

Techniquement il offre des acquis de vocabulaire et de syntaxe. Objets, gestes, sentiments de la vie quotidienne, formules de dialogue, politesses de la vie  ordinaire…en fait ce sont des scénarios à la Bruner qui s’installent et se mettent en place .

 

D’où l’importance des petits rituels sociaux que l’on se doit d’y instaurer .

·         Les principes :

Le moment de l’accueil doit être à la fois prévu par l’enseignant et permettre un libre choix aux enfants.

La prévision des activités par l’enseignant se situe essentiellement dans le choix du matériel des activités et sa disposition dans la classe .

 

·         La prévision

Le matériel et sa disposition :

Du plus courant, familier à l’enfant, du même ordre de ce qu’il pratique  à la maison et qui a la vertu d’être un signal familier,  au plus sophistiqué, déjà de l’ordre de l’école et des apprentissages,

Les familiers :

Les puzzles à disposition sur des grandes ou plus petites tables, enfants à côté et face à face, façon « table de banquet »

Des jeux d’empilement

Les stylos feutres

Les pâtes à modeler

Les coins poupées et les coins dînette

Les plus sophistiqués,

Les chevalets de peinture libre

Les sélections de livres sur un thème choisi

Le coin livre

De l’eau, du sable, des noix… à transvaser grâce à divers récipients.

·         Le comportement du maître :

Accueillir d’abord, individuellement chaque enfant, brièvement, et d’autre part assurer une présence ponctuelle, discrète, disponible.

Son travail didactique se situe en amont, dans la  préparation des ateliers et du matériel, dans la prévision d’une évolution des activités en cours de trimestre ; il s’agit moins d’activités occupationnelles que d’une ressource pour les apprentissages futurs.

Par exemple au coin peinture, c’est l’accueil et la liberté d’agir : mais le matériel délibérément choisi, couleurs, matières, outils, permet une exploration libre, dont l’enseignement plastique se nourrira pour ses apprentissages ultérieurs.

Par ailleurs, l’enseignant peut par des conseils tâcher d’influer sur les choix des élèves mais tout en les respectant in fine : l’enfant doit être sûr qu’en définitive, pendant ce temps de classe,  c’est lui qui choisira son activité

Le troisième rôle du maître est enfin d’assurer un accompagnement discret et « ambulatoire » des activités ; c’est un moment choisi de langage d’action : expliciter ce que l’on fait, nommer les objets, décrire les actions, les expliquer ponctuellement, faire dire ce que l’on aime et qu’on ressent

 

·         Le langage

C’est donc en conclusion essentiellement de langage en situation qu’il s’agit, et l’action de l’enseignant est donc primordialement de faire expliciter actions et ressentis, d’accompagner de langage tout ce qui est fait[1].

Les objectifs dominants sont de vocabulaire courant, tant dans le champ des objets quotidiens que des sentiments, et de description d’actions.

L’intérêt est de disposer dans ce moment de courts mais précieux moments individuels où l’on peut observer, faire « feed back » au langage de l’enfant, lui faire un bout de conduite accompagnée[2].

·         L’évolution en cours d’année

Comme il a été dit plus haut, le contenu des activités est fonction de la progression des apprentissages ; il se nourrit des activités et des projets en cours, et évolue en difficultés avec l’évolution des enfants.

Les rituels

Même si les tables de travail en ateliers sont rituellement présentes à l’accueil, nous traiterons ici des activités de regroupement rituelles.

Les unes concernent la vie de classe et sa mise en train :

-l’appel (voir fiche n°1)

-la cantine, inscription et menu du jour.

-l’annonce des projets en cours ( voir dans la  présentation de la deuxième partie ce qui concerne les projets)

- et l’organisation matérielle de la classe (voir fiche 5 )

-les considérations le temps qui passe( repérage et écriture de la date, voir aussi fiches 2 et 3)

Ces rituels se doivent d’être courts et ne pas retarder la mise en activités du matin ; certains ne se font pas tous les jours (affichages) mais par exemple suivant une autre fréquence (la  semaine, tel ou tel jour)

Ils doivent évoluer dans l’année par leur longueur et leur contenu.

D’autres activités du regroupement sont une mise en train collective et doivent relever  d’un registre plus culturel :

-des histoires, contes ou albums

-comptines et poèmes.

 

L’organisation en groupes de travail

(Voir fiche ressource : le fonctionnement en ateliers  et le rôle du langage)

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[1] Il ne s’agit pas toutefois de noyer la vie de classe d’un flux de paroles qui aurait pour conséquence de devenir « bruits ». La parole doit être dosée, individualisée, ponctuelle…fonctionnelle en fait.

[2] On pourrait considérer qu’il faut alors se consacrer aux plus en difficultés sur le plan langagier, mais tous ont besoin d’une certaine manière de cette attention spéciale un court moment.