V Fiche ressource : Les « albums de vie quotidienne » : intérêts spécifiques de ce type d’album

 

Intérêts des albums de vie quotidienne :

            Il existe nombre d’albums mettant en scène des enfants dans leur vie de tous les jours.

Titou et Fanette autrefois, au temps de L.Lentin, Léo et Popi aujourd’hui, sont déjà , comme l’analysait L.Lentin, et Jean Hébrard après elle, une « représentation iconique » des enfants qui les lisent et  de leur vie.

Certains personnages, mi animaux chimériques, mi enfants comme Petit ours, Tch’oupi, Bobo Dodo,offrent une représentation plus symbolique de l’enfance au quotidien.

            Les reconnaître, suivre les scènes de leur vie, en comprendre les lieux, les mouvements, les postures représente donc un apprentissage de la fonction symbolique et déjà une entrée dans la culture écrite de l’image .

            Ces livres ne peuvent prétendre offrir véritablement une initiation à la culture littéraire des « histoires » : « l’inversion »  entre le début et fin, le processus de transformation , la résolution du problème sont souvent anodins voire inexistants . Ce sont plutôt des récits de vie.

            Outre le grand plaisir que beaucoup d’enfants ont de s’identifier à ces héros et de trouver dans leurs aventures une image des leurs, d’y suivre la récurrence des personnages qu’ils retrouvent souvent aussi à la télévision, nos élèves peuvent y trouver en outre l’occasion de développer leur lexique d’objets et d’actions de la vie quotidienne, la syntaxe de la description d’actions et même des scénarios tels que Bruner les a décrits.[1]

            C’est pourquoi, l’école ne doit pas faire fi de ces supports et de leurs possibilités éducatives mais les utiliser avec ces 4 objectifs :

-Le plaisir des enfants

-Le lexique des objets, des actions des sentiments de la vie de tous les jours

-La  syntaxe du quotidien : description d’actions et dialogues

-Le développement de la fonction symbolique : le sens des signes : postures, mouvements, jeux de physionomie, déplacements dans l’espace, construction d’image en image de la succession logique des faits et de la permanence des personnages.

Les gestes et les postures d’enseignement :

1.    Utiliser ces supports en petits groupes.

L’accueil en offre l’occasion, mais ne peut suffire à faire parler tous les enfants, particulièrement dans les classes dont beaucoup d’enfants ne possèdent pas à l’arrivée le « langage d’action » ; il faut donc mettre en place de petits groupes de langage[2], où l’enseignant soit présent et actif, et où ces livres constitueront l’un des supports fondamentaux

 

2.       Soigner lexique et syntaxe pour les raconter tout en restant au plus près du vocabulaire courant[3].

Les principes clés : précision et exactitude du vocabulaire, complexité « normale » de la syntaxe, qui n’élude ni les pronominalisations, ni les subordonnées courantes.

3.       Multiplier les occasions de les refaire raconter par les élèves.

 

Les compétences spécifiques à construire et à observer :

Dans de tels ateliers, on peut observer d’abord des compétences langagières et de communication :

1.        la capacité à participer à l’activité instaurée par l’enseignant : comprendre le récit et son rapport aux images page après page; savoir  commenter les mêmes images dans le second .

2.       la capacité à adopter les structures et le vocabulaire utilisé par les autres enfants et par l’enseignant.

Ensuite on peut observer outre les compétences linguistiques transversales (prononciation, élocution, vocabulaire de base, syntaxe simple ou plus complexe) des compétences linguistiques spécifiques :

1.        le champ lexical adapté à la situation

2.       structures textuelles :

-          description des actions et des sentiments 

-           cohérence des enchaînements de phrases.

3.       structures syntaxiques particulièrement présentes dans les dialogues: interrogatives, exclamatives…

 

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[1]dans la lecture d’images pratiquée spontanément par les mères qu’il observe (Opus cité).

 

[2] Voir fiche, le fonctionnement en ateliers

[3] Voir la critique  que L.Lentin fait de la sophistication du texte de Titou  et Fanette, et celui qu’elle propose pour « parler » sa série Pauline et Victor, vieillotte aujourd’hui mais dont on peut retenir les principes clés.