VI Fiche ressource : récits de fiction, des compétences en partie différentes.

 

En passant du récit de vie aux histoires de fiction, s’élaborent un langage à finalités différentes, et des compétences nouvelles

 

Objectifs et finalités :

 

Le langage récit est « un langage évoquant des évènements en leur absence » ; c’est par essence un langage explicite de distanciation, puisque les évènements relatés sont soit passés, soit fictifs.

Les récits « historiques »  d’évènements passés contribuent d’autre part à construire une représentation du temps, une élaboration logique et chronologique de la succession des évènements, une expression grammaticale de  cette succession 

Les récits de fiction aident  en outre les enfants   à prendre conscience de la  partition du réel et de l’imaginaire

.

Par ailleurs quand les récits deviennent des histoires, le temps représenté change de structure : on passe de la demi droite d’un temps non fini, à une structure en segment où les évènements sont compris entre un début et une fin. Cette structure des  « histoires » structure de manière culturelle notre représentation du temps, en clôturant le destin des personnages. Cette notion de clôture est vécue différemment par les amateurs d’histoires :pour certains d’entre nous elle conjure le passage du temps et rassure,  d’autres la ressentent comme un enfermement et une limitation : le récit des histoires de fiction peut être l’occasion de sensibiliser les enfants à cette idée de fin : est-ce fini ? cela finit-il  bien ?aimerais-tu que cela finisse différemment ?

 

Compétences

Les compétences à développer et à évaluer dans les activités de récit sont donc de trois ordres :

Les compétences de récit historique ou familier, et les compétences de récits d’histoires sont pour partie communes puisqu’il y a dans les deux cas des acteurs, des faits rapportés, rangés logiquement, chronologiquement, et situés dans un espace . Mais ells se différencient aussi, essentiellement sur la question du dénouement des histoires et du rapport à la réalité

 

 

-compétence de compréhension :

*la logique, les acteurs, les circonstances nécessaires des événements racontés .

 

- compétence générale de communication en production : adaptation à l’action demandée (cohérence avec la situation, «externe ») :

* raconter sur le sujet proposé

- compétences linguistiques générales :

*prononciation, élocution intelligibles

*syntaxe, correction et complexité

*conjugaison (personnes)

 

-compétence de compréhension :

*la logique, les acteurs, les circonstances nécessaires des événements racontés.

*l’intuition puis la prise de conscience explicite d’une fin dénouant l’histoire

*l’intuition d’un rapport des faits à la réalité

 

- compétences «textuelles » ( en production):

 *une explicitation suffisante des événements racontés : leur logique, leurs acteurs, les circonstances nécessaires.

 

- compétence linguistique spécifique à ce type de texte

*mots de liaison

*temps verbaux

*discours direct

 

 

-compétence de compréhension :

*la logique, les acteurs, les circonstances nécessaires des événements racontés.

*l’intuition puis la prise de conscience explicite d’une fin dénouant l’histoire

*l’intuition puis la prise de conscience du caractère fictif des faits

 

-compétences «textuelles » :

*une explicitation suffisante des événements racontés : leur logique, leurs acteurs, les circonstances nécessaires.

*un rapport début /fin caractéristique de la problématisation de l’histoire

* des « niveaux » de récit.

*un jugement plus ou moins explicite du locuteur sur le caractère fictif, inventé,  merveilleux, … des évènements rapportés

 

- compétence linguistique spécifique à ce type de texte

*mots de liaison : organisateurs de récit (il était une fois, etc…)

*pronoms et représentants anaphoriques

*temps verbaux : système du récit

*discours direct.

 

 

Pratiques  de récit en classe et les textes proposés aux enfants

 

Une progression : des récits de vie « live » aux récits distanciés :

En suivant Jean Hébrard[1] ,on peut proposer de progresser des récits d’actions de la vie courante, simples descriptions d’actions présentes ou du passé immédiat, contiguës à la réalité, aux récits d’évocation : d’abord des actions représentées sur des livres d’images de toutes espèces, puis par la suite  n’ayant d’existence que verbale, tirées « des mondes de paroles » : récits racontés, puis lus, sans images associées systématiquement.

 

Fréquences

Il serait important de décider de programmer systématiquement et quotidiennement un récit : quelle que soit sa forme, récit de vie ou « histoire » ; quelle que soit la modalité pratiquée:écouté, produit, dessiné, regardé sur un écran…

 

Modalités :

        En réception :

Récits racontés à partir d’un album

Lecture d’un album

Récits sur support vidéo

Histoires de le tradition orale racontées sans support

 

        En production ;

Récits de vie à partir d’objets témoins, objets souvenirs, photos

Récits à partir de dessins des enfants

Restitution de récits entendus ou regardés

Récits inventés sur des images, cartes postales ou autres

 

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[1] Jean Hébrard, op. cité