VIII Fiche ressource : « Les ateliers d’histoires »

 

Intérêts des ateliers d’histoires :

        L’enjeu fondamental de ces ateliers d’histoires est d’apprendre aux enfants à raconter des histoires «  à l’oral ».

            Dans les apprentissages, les histoires ont une triple importance :

-pour le développement du langage d’évocation et de l’abstraction intellectuelle : raconter ce qui se passe hors du présent nécessite une mise à distance par rapport au vécu immédiat et son expression un langage structuré.

-pour la structuration du temps : en particulier la mise en séquence logique des processus apparents du monde, et par ailleurs la notion de passé.

-pour apprendre à faire le départ entre réel et imaginaire.

 

            L’école maternelle est un temps fondamental dans l’acquisition de la conduite de récit puisque l’essentiel du récit complexe peut être déjà en  place à la fin de la grande section[1].

Et cette acquisition nous paraît d’autant plus nécessaire qu’elle est préparatoire d’une entrée dans les textes de l’écrit, c’est-à–dire des textes à communication différée, donc « monologiques » et non dialogués comme lors des apprentissages premiers.

Raconter constitue une entrée dans ce langage monologique.

Cet apprentissage se fait d’abord par la réception, l’écoute des histoires mais il est important pour son acquisition qu’il se fasse aussi par la production

 

Les gestes et les procédures d’enseignement :

Dispositif :

            La caractéristique essentielle de ces ateliers est leur dispositif, le travail en petit groupe avec l’enseignant

En effet ces ateliers ont pour ambition de favoriser «  la conduite de récit »[2], c’est-à-dire la capacité à enchaîner les actions en une séquence cohérente ;et cette cohérence ne peut s’obtenir que si Un enfant se charge seul de sa conduite.

Bien sûr le récit collectif, si fréquent dans les classes a ses vertus :

Le plaisir partagé de raconter une histoire à plusieurs voix, la possibilité de se familiariser avec la restitution d’histoires. Bref, le récit collectif sert de modèle culturel et d’entraînement à la conduite de récit par un seul conteur .

Mais pour se perfectionner en  conduite de récit l’élève doit pouvoir s’y exercer seul, même si l’aide du maître et des autres enfants est toujours disponible.

D’où le dispositif de travail en petit groupe

            La deuxième caractéristique est qu’il s’agit d’histoires orales, qu’on retranscrira éventuellement en fin de séance sur un support à déterminer ; mais ce passage à l’écrit doit demeurer secondaire. Dans la majeure partie de l’activité, c’est bien de raconter des histoires qu’il s’agit. L’oral doit garder toute sa place. Et au bout de quelques séances de pratiques, ces histoires répétées sont un vrai plaisir gratuit dans son immédiateté…

        Les supports :

-les albums déjà racontés par l’enseignant, plusieurs fois, qu’on se donne le plaisir de raconter à nouveau d’abord collectivement puis plus individuellement

-des images, toutes sortes d’images :

Des images d’album, des cartes postales, des planches de B.D., des images découpés et rassemblées …

La seule nécessité est qu’elles comportent des éléments susceptibles d’être rassemblés pour une intrigue d’histoire, en particulier des personnages virtuels …

(le plus sûr moyen est d’essayer soi-même d’en faire une histoire…)

 

La procédure :

-dans le cas des images

            Il semble par expérience qu’il faille souvent un premier temps d’exploration informelle par les enfants des images proposées, une sorte d’inventaire des éléments à utiliser

            Ensuite on peut demander des ébauches d’intrigues :

« Qu’est-ce qui pourrait se passer ? » pour lesquelles on pourrait laisser les propositions émerger un peu en désordre.

            Enfin un troisième temps, de construction ordonnée des enchaînements par un des enfants :

« Comment va-t-on commencer ? » « Et à la fin, ça va s’arranger ? »

            L’histoire d’un autre enfant

            Puis une répétition de son histoire…

 

-dans le cas des redites d’histoires lues ou racontées par le maître, on peut utiliser la même procédure, l’inventaire initial étant constitué par l’effort de rappel des moments de l’histoire dont on peut tolérer là encore qu’il ne se fasse pas d’emblée dans l’ordre chronologique mais selon « ce dont on se souvient d’abord ».

 

 

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[1] Voir F.François

Conduites linguistiques chez le jeune enfant p.184 et sqq.

[2] ibidem