XIII Fiche ressource : apprendre à écrire, un objectif primordial pour l’apprentissage du code écrit

 

Enjeux  de l’apprentissage de l’écriture:

            Après le dessin et les activités de graphisme, puis simultanément avec eux, l’écriture relève avant tout d’un plaisir très généralement partagé par les petits : tracer sur la page et donner du sens à cette trace.

Le 2ème enjeu relève de la construction de la fonction symbolique, il consiste à découvrir le double symbolisme de l’écriture : représenter une idée, une expérience, un objet mais aussi le son des mots.

Le  3ème  enjeu relève du fait qu’écrire est non seulement une entrée pragmatique dans la communication écrite, mais  aussi dans la  compréhension du fonctionnement du code écrit : la connaissance des lettres, de leur position dans les mots, de leur valeur phonographique  se construit progressivement en cherchant à écrire.   

 

Quelle progression se donner ?

            Comme y invite le « socle commun.. »[1] p .22 -23-24, et sqq., on peut donc envisager d’entrer dans le code écrit par les activités d’écriture[2]qui « individualisent les lettres et fournissent un matériau important pour la construction du principe alphabétique ».

On peut donc proposer le schéma de progression suivant :

Ainsi graduellement se constitue un savoir de lettres (prénoms, etc…)

 

En même temps que se constitue la connaissance des lettres, apparaissent des remarques sur la récurrence des sons produite par la récurrence de certaines lettres.

Ces remarques doivent être encouragées, explicitées et des activités de repérage de phonèmes dans les mots sont mises en place[4]

A propos de :

Compétence phonographique : comprendre que les lettres renvoient  à des phonèmes , que tous les sons d’un  mot sont écrits, que les correspondances phonographiques ont des régularités, qu’on peut repérer et mémoriser

Compétence orthographique : comprendre qu’à l’intérieur du code général l’écriture des mots relève de choix particuliers, fonction de leur histoire et de leur famille, qu’on doit mémoriser petit à petit par la fréquentation des mots.

Dès la maternelle, on doit faire construire ces 2 compétences, certes en affinant la conscience phonique et en dégageant les plus patentes des correspondances phonographiques, mais aussi en faisant écrire des mots, et en accueillant et en soulignant les remarques portant sur la singularité des mots :Audrey et Omar , Cédric et Sacha !!!

Parallèlement, la dictée à l’adulte, assortie de recopiages partiels de textes permet une initiation à la production d’écrits, et leur « édition » dans des cahiers ou des recueils.

 

Quels mots quels textes choisir ?

      Choisir les mots qui ont un sens  pour les enfants, les mots qu’ils aiment, les mots qu’ils fréquentent dans leur vie et leurs lectures.

Des mots certes mais aussi des structures familières « j’aime »,«  j’ai peur », « je m’appelle »,…

Ou autres formules familières et sues par cœur, empruntées aux comptines et poèmes, aux albums souvent relus et appréciés.

 

Quels caractères d écriture ?

 

      Les programmes fixent les majuscules d’imprimerie (lettres « bâtons ») pour le début de l’écriture, puis directement l’écriture cursive, les caractères d’imprimerie (ou de script) étant plutôt réservés à la lecture.

Des activités de transcodage par exemple, copier en cursive de l’écriture d’imprimerie, seront organisées plus tard, en fin de maternelle ou en C.P

 

 

Les supports :

 

Il nous paraît intéressant de distinguer des supports destinés à faire des essais (les cahiers de brouillon d’antan ou les cahiers d’essais des années 70), des supports choisis pour recopiage, mise en page, présentation soignée ; pour les premiers, nous suggèrerions des blocs « sténo », sans lignes, à prendre dans le sens de la largeur, pour les seconds voir la fiche 50.

 

 

Les gestes et les procédures d’enseignement :

 

1.        Le premier geste d’enseignement de l’écriture consiste selon nous à observer les écritures spontanées des élèves, simulées par jeu et dans leurs jeux. En suivant ce précieux conseil :

« Regarde comment j’écris ! »[5]

On peut  observer et noter qu’y apparaissent lignes, mots, listes, messages divers, et que le tracé s’affine et s’assouplit pour faire semblant d’écrire.

 

2.       Le deuxième geste fondamental est celui de « la leçon d’écriture ». Incontournable, elle doit, à notre sens, être menée régulièrement et méthodiquement.

Il nous semble fondamental dans ce temps  d’écriture de toujours associer la démonstration, puis le geste  du tracé avec le nom de la lettre, et le rappel du mot dans lequel elle s’inscrit[6], afin que soient associés dans l’écriture du mot, l’image sonore du mot ,ses lettres dans l’ordre, et les gestes de tracé.

 

Procédure possible pour la leçon d’écriture :

L’enseignant et les enfants, ou l’un, ou les autres, choisissent ce qu’on va écrire,

L’enseignant le redit  avec soin et le fait redire plusieurs fois presque jusqu’à mémorisation.

L’enseignant écrit un modèle

Il le relit en suivant les mots, ou les syllabes

S’il s’agit d’un message de plusieurs mots il faut les montrer un à un , les faire compter.

 

Puis on commence à écrire … 

Le premier mot : nommer les lettres, démontrer le geste du tracé lettre à lettre.

Faire tracer par l’élève

Bien souligner quand le mot est fini d’écrire…

En cours d’écriture, passer près des enfants et faire le point sur ce qui est déjà écrit et ce qui reste…

 

Et ainsi de suite.

 

 

3.       Troisième situation d’enseignement, l’atelier d’orthographe :

L’atelier d’orthographe doit toujours être présenté comme une situation problème :« Est-ce que vous sauriez écrire ce mot ? » en évitant d’y faire préfigurer le futur stress de la dictée (qui n’est stressante que par le stress culturel et pédagogique qu’on lui a attaché).

Et se conclure par un retour sur les productions qui valorise les réalisations.

Voir fiches 43/44

 

4.       Quatrième geste d’enseignement, faire recopier…

Car recopier n’est pas forcément l’astreinte fastidieuse qu’on veut y voir. Ce peut être aussi, tracer de jolis signes sur un beau support, mettre en page, décorer…et signer ensuite son œuvre !

 

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[1] Et le préconise par exemple J Fijalkow Lire et raisonner PRIVAT

[2] « C’est dans les activités d’écriture, non de lecture , que les enfants parviennent à vraiment « voir » les lettres qui distinguent les mots entre eux »B.O. N°( av.2007) p .24

[3] Cette  notion : que les lettres sont les éléments d’écriture des mots, qu’elle sont en nombre fini donc qu’on les retrouve dans plusieurs mots, qu’elles se rangent dans un certain ordre pour écrire le mot….se construit progressivement en écrivant, par ce type d’activité,et par la construction et la découverte de l’alphabet .

[4] Voir programmes , op. cité p.22

[5] J.M.Besse et la fiche 44

[6] C’est donc pour nous toujours dans des mots qu’on pratique les premiers tracés de lettres, quitte à affiner ensuite le tracé de lettres prises isolément.